Construire une piscine enterrée ne se limite jamais à faire creuser un trou dans le jardin. C’est aussi ouvrir la porte à toute une série de démarches et à la perspective de taxes supplémentaires, souvent méconnues au moment de lancer les travaux. Le rêve d’un bassin bleu sous le soleil se paie comptant, mais aussi, parfois, à crédit sur la feuille d’impôt.
Vivre à l’extérieur à la maison, un critère essentiel pour de nombreux ménages
Chaque année, nombreux sont ceux qui font le choix d’installer une piscine dans leur jardin, histoire de savourer les premiers beaux jours sans quitter la maison. Rien de tel pour prendre de la valeur immobilière et multiplier les moments partagés en famille. Depuis les confinements liés à l’épidémie de coronavirus, la demande s’est accentuée : disposer d’un espace extérieur est devenu un véritable atout.
Mais le prix à payer pour cette parenthèse aquatique ne s’arrête pas au montant des travaux, ni aux frais d’entretien ou de sécurité. Construire une piscine, c’est aussi intégrer une dimension fiscale et anticiper les taxes locales qui s’ajouteront à la facture finale.
Augmentation des taxes locales : piscines creusées et kits de plus de 10 m² affectées
Installer une piscine ne signifie pas automatiquement voir ses taxes locales réévaluées. Les modèles gonflables ou légers, faciles à déplacer, échappent à cette règle. En revanche, dès qu’il s’agit de structures fixes, enterrées ou en kit, dépassant 10 m², la situation se complique. La valeur locative du bien progresse et cela a un impact direct sur la taxe foncière et la taxe d’habitation. Même si la piscine n’est pas directement accolée au bâtiment principal, son existence entre dans le calcul.
Le site impôts.gouv.fr est on ne peut plus clair : « Une piscine enfouie dans le sol ou au-dessus du sol (…), même si elle ne contient pas de maçonnerie au moment de l’installation, si elle ne peut être déplacée sans la démolir, est un élément (…) utilisé pour déterminer la taxe sur le logement et la taxe foncière ».
Avant et après la construction d’une piscine : déclarations obligatoires
Un projet de piscine enterrée implique quelques démarches incontournables. Une fois la structure installée, il faut adresser la déclaration « 6704 IL » à son centre des impôts, et ce dans les 90 jours qui suivent la fin des travaux. Cette étape ouvre droit à une exonération de taxe foncière pendant deux ans : un répit bienvenu avant que la fiscalité ne rattrape les heureux propriétaires.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Avant même le début du chantier, il convient d’informer la mairie des futurs travaux. Cette déclaration préalable est aussi l’occasion de s’acquitter de la taxe d’aménagement. Son montant dépend de la surface du bassin ainsi que des taux appliqués localement et au niveau de l’État. À la différence des taxes récurrentes, cette taxe ne sera payée qu’une seule fois.
Installer une piscine enterrée, c’est donc jongler entre envies de détente et obligations administratives, sans perdre de vue la fiscalité qui accompagne ces mètres carrés bleus. Les reflets du soleil sur l’eau n’effacent pas les lignes sur la déclaration d’impôts : mieux vaut s’y préparer pour profiter de chaque baignade, l’esprit léger.


